Mythologie

Artémis

Artémis (grec Ἄρτεμις) est la déesse olympienne de la chasse, de la nature sauvage, de la Lune, des animaux et de la virginité farouche. Fille de Zeus et de Léto, soeur jumelle d'Apollon, elle parcourt forêts et montagnes avec sa troupe de nymphes, archère infaillible et protectrice des jeunes filles non mariées comme des bêtes libres. Son équivalent romain est Diane, et son grand sanctuaire d'Éphèse comptait parmi les Sept Merveilles du monde antique.

Mythe et origine

L'Hymne homérique à Artémis et l'Hymne à Délos de Callimaque (vers 250 av. J.-C.) racontent qu'elle naquit la première sur l'île d'Ortygie, fille aînée des jumeaux léthoïdes, et aida aussitôt sa mère à accoucher d'Apollon — fonction qui lui valut le patronage des accouchements sous l'épithète Eileithyia. À trois ans, perchée sur les genoux de Zeus, elle lui demanda d'exaucer dix voeux : la virginité éternelle, autant de noms qu'Apollon, un arc et des flèches forgés par les Cyclopes, soixante Océanides comme chasseresses, vingt nymphes du fleuve Amnisos, toutes les montagnes pour domaine, et une seule cité — choix qu'elle laissa à son père.

Hésiode (Théogonie, vers 918) confirme sa filiation, et Apollodore (Bibliothèque 1.4, 3.4.3-4) compile ses mythes. Le grand temple d'Éphèse, l'Artémision, reconstruit plusieurs fois entre le VIIIe siècle av. J.-C. et l'incendie d'Hérostrate en 356 av. J.-C., abritait la statue de l'Artémis polymaste aux multiples bourses — image syncrétique d'une déesse-mère anatolienne. Son nom apparaît déjà dans le linéaire B mycénien (a-te-mi-to), confirmant sa haute antiquité. Elle hérite de fonctions préhelléniques de Maîtresse des Fauves (Potnia Therôn), figure néolithique de souveraineté sur la vie animale.

Attributs et histoires

Vous reconnaissez Artémis à son arc d'argent, son carquois, son croissant lunaire, sa tunique courte de chasseresse retroussée à la ceinture, et ses animaux : la biche aux cornes d'or, l'ourse, le sanglier, le chien et le cerf. La grue, le lièvre et la caille lui sont sacrés. Ses épiclèses dessinent ses domaines : Agrotéra « la chasseresse », Phosphoros « porteuse de lumière », Locheia patronne des accouchements, Cynthia née sur le mont Cynthe, Triklaria « aux trois lots » qui régit jeunes filles, jeunes femmes et femmes mariées. Les rites d'Artémis Brauronia, près d'Athènes, faisaient « ours » les fillettes en prélude à leur entrée dans la société adulte.

Ses mythes punissent la transgression du seuil sacré. Actéon, qui la surprit au bain dans les bois de Gargaphie, fut transformé en cerf et dévoré par ses propres chiens (Ovide, Métamorphoses III). Niobé vit ses six filles abattues par ses flèches après celles d'Apollon, en représailles d'une insulte à Léto. Callisto, sa compagne séduite par Zeus, fut transformée en ourse, puis catastérisée en Grande Ourse. Iphigénie, fille d'Agamemnon, fut substituée à la dernière seconde par une biche lors du sacrifice d'Aulis. Inversement, Hippolyte, son fidèle dévot voué à la chasteté, périt par la malédiction d'Aphrodite, illustrant la rivalité entre virginité farouche et désir.

Réception moderne

Carl Gustav Jung voyait en Artémis une figure de l'anima non domestiquée, l'âme féminine sauvage qui refuse la possession. Jean Shinoda Bolen, dans Les Déesses en chaque femme (1984), la décrit comme la femme indépendante, sportive, militante, soeur des autres femmes, dont l'ombre est la dureté, le refus de la vulnérabilité amoureuse. Clarissa Pinkola Estés, dans Femmes qui courent avec les loups (1992), prolonge cette lecture en faisant d'elle l'archétype de la femme sauvage. Le mouvement écoféministe l'invoque comme patronne des forêts menacées. Au cinéma, Diane Chasseresse inspire les héroïnes archères de Hunger Games à Brave.

Sur le plan astrologique, Artémis correspond à la Lune, planète de l'âme nocturne, qui gouverne le Cancer. L'astéroïde 105 Artemis, découvert en 1868, intervient dans les thèmes comme indicateur d'autonomie et de protection des innocents. La mission lunaire Artemis de la NASA, lancée en 2022 pour ramener des humains sur la Lune, prolonge symboliquement la jumelle d'Apollon. Le néopaganisme dianique, fondé par Zsuzsanna Budapest dans les années 1970, en a fait sa déesse tutélaire. Découvrez si Artémis gouverne votre cour intérieure grâce au test des divinités mythologiques.

Profondeur symbolique

Dans le tarot, Artémis résonne avec La Lune, dix-huitième arcane majeur, par son lien aux marées psychiques et au monde sauvage nocturne. La Papesse partage avec elle la virginité lunaire et la connaissance des cycles. La Force (huitième arcane) évoque sa maîtrise des fauves intérieurs. Sur l'Arbre de Vie, Yesod, sphère lunaire de la fondation, est sa demeure kabbalistique, où l'astral pur se forme avant de se manifester en Malkuth.

Symboliquement vous rencontrez Artémis chaque fois qu'une situation appelle solitude féconde, défense d'un territoire intérieur, ou décision tranchée comme une flèche. Son ombre est l'isolement qui se durcit en misanthropie, la pureté qui se vexe d'être touchée. Travailler avec cet archétype invite à demander où vos frontières protègent votre vie sauvage et où elles vous coupent du partage. Poursuivez avec Apollon, son jumeau solaire, Hécate, sa cousine nocturne, et Déméter, ou revenez au glossaire principal.

Également connu sous le nom de

  • Diane
  • Cynthia
  • Phoibé
  • Agrotéra
  • Potnia Therôn

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