Aura
L'Aura (du grec aura, « brise, souffle, exhalaison ») désigne, dans l'ésotérisme occidental moderne, le champ d'énergie subtile rayonnant autour du corps de tout être vivant. Conçue comme la manifestation visible (pour le clairvoyant) de la vitalité, des émotions, des pensées et de la qualité spirituelle d'une personne, l'aura s'étend en plusieurs couches concentriques, depuis le corps physique jusqu'aux strates les plus subtiles. La notion, présente sous diverses formes dans la médecine ayurvédique (sous le nom de prāṇamaya kośa), la médecine traditionnelle chinoise (qi), la kabbale et l'art religieux (auréole, nimbe), a été systématisée par la Théosophie et l'Anthroposophie de Rudolf Steiner. Elle structure aujourd'hui de nombreuses pratiques énergétiques, soins par imposition des mains et lectures intuitives.
Origine
L'intuition d'un rayonnement entourant les êtres humains traverse les cultures. L'art religieux égyptien, grec, romain, chrétien, bouddhiste représente les divinités, les saints et les éveillés entourés d'auréoles, de nimbes et de mandorles, codification visuelle d'une réalité subtile perçue par les artistes inspirés. Les Upanishads décrivent les cinq « enveloppes » (pañca-kośa) de l'être humain : enveloppe alimentaire (corps physique), enveloppe du souffle vital (prāṇa), enveloppe mentale, enveloppe de l'intelligence, enveloppe de la félicité — préfiguration de la doctrine des corps subtils. La médecine chinoise classique systématise depuis le Huangdi Neijing (IIᵉ siècle av. J.-C.) la circulation du qi dans des méridiens irriguant un champ énergétique cutané.
Dans l'Occident moderne, Paracelse (1493-1541) évoque un « feu de la vie » qui imprègne le corps. Franz Anton Mesmer (1734-1815) théorise un « magnétisme animal » fluidique. Karl von Reichenbach (1788-1869) publie ses recherches sur la force odique, perçue par les sensitifs sous forme lumineuse autour des cristaux, aimants et corps humains. Helena Blavatsky, dans La Doctrine Secrète (1888), et Charles Leadbeater, dans L'Homme visible et invisible (1902), systématisent la doctrine des corps subtils (éthérique, astral, mental, causal). Rudolf Steiner en fait la base anatomique de son anthroposophie. La photographie Kirlian (1939), bien que controversée, a popularisé l'idée d'un rayonnement bioélectrique.
Sens classique et lecture occidentale
La modélisation théosophique classique distingue sept corps et sept couches auriques. Le corps éthérique, le plus proche du corps physique (quelques centimètres), porte la vitalité ; sa déficience annonce la maladie. Le corps astral (jusqu'à 30-60 cm) porte les émotions ; sa couleur change selon l'humeur. Le corps mental inférieur porte les pensées concrètes, le corps mental supérieur ou causal les pensées abstraites et les acquis karmiques. Au-delà, les corps bouddhique et atmique relèvent du spirituel pur. Chaque couche correspond à un chakra et à une plage de vibration.
La lecture occidentale contemporaine simplifie souvent en distinguant simplement aura physique (vitalité), aura émotionnelle (couleurs changeantes), et aura spirituelle (rayonnement global). Des praticiens contemporains (Barbara Brennan, Caroline Myss, Donna Eden) proposent des modèles plus élaborés intégrant aux corps subtils des notions de codes énergétiques et de blueprints karmiques. La science orthodoxe ne reconnaît pas l'existence objective de l'aura, mais admet l'existence de champs électromagnétiques mesurables (magnétocardiogramme, magnétoencéphalogramme) autour du corps. La distinction entre l'aura comme réalité physique et l'aura comme représentation symbolique de l'état global mérite d'être maintenue.
En pratique
Pour percevoir votre propre aura, placez-vous face à un mur clair et uni, dans un éclairage doux et indirect. Tendez votre main devant vous, paume tournée vers le mur, à une vingtaine de centimètres. Fixez votre regard non sur la main, mais sur le mur juste derrière les doigts. Au bout de quelques minutes, vous percevrez généralement un halo lumineux, parfois coloré, dépassant les contours physiques. Cette première perception, simple effet de contraste rétinien selon les sceptiques, manifestation du corps éthérique selon les praticiens, est en tout cas la porte d'entrée vers une perception plus fine. Pratiquez quinze minutes par jour pendant un mois.
Pour nettoyer son aura, pratiquez la douche de lumière : visualisez chaque matin une cascade de lumière blanche traversant votre corps et votre champ subtil, emportant ce qui ne vous appartient pas. Le bain de sel marin (200 g dans une baignoire) est traditionnellement réputé pour son action purifiante. Évitez les foules denses et les environnements toxiques après un soin énergétique. Travaillez chaque chakra individuellement, du racine au couronne, pour harmoniser l'ensemble. Pour interpréter les couleurs auriques : rouge (vitalité, ancrage), orange (créativité), jaune (intellect), vert (équilibre, guérison), bleu (communication), indigo (intuition), violet (spiritualité). Voir aussi Akasha.
Profondeur symbolique
L'aura, par-delà sa réalité physique discutée, fonctionne comme représentation visuelle de l'état global d'une personne. Elle traduit ce que la phénoménologie et la psychologie reconnaissent sous d'autres termes : présence, aura charismatique, atmosphère personnelle, climat psychique. Que cette présence ait ou non un substrat énergétique objectif, elle est perçue dans les interactions quotidiennes : on entre dans une pièce et l'on « sent » immédiatement l'ambiance, on rencontre quelqu'un et l'on « capte » sa qualité avant tout échange verbal. L'aura est la mise en forme symbolique de cette perception immédiate de la qualité d'être.
En correspondance ésotérique, l'aura est l'akasha individualisé autour du corps, l'enveloppe lumineuse de la personne. En kabbale, elle correspond aux quatre olamoth (mondes) d'Assiah, Yetzirah, Briah et Atziluth qui se déploient autour de l'Adam Kadmon individuel sur l'Arbre de Vie. En astrologie, la qualité de l'aura se lit dans la combinaison du Soleil (vitalité), de la Lune (sensibilité), de Vénus (charme) et de l'ascendant (rayonnement immédiat). En tarot, l'arcane XVII l'Étoile figure l'aura rayonnante de l'âme purifiée. Approfondissez avec Chakra, Akasha et le portail Glossaire.
Également connu sous le nom de
- Champ énergétique
- Corps subtil
- Halo
- Nimbe
- Rayonnement vital