Mythologie

Aphrodite

Aphrodite (grec Ἀφροδίτη) est la déesse olympienne de l'amour, de la beauté, du désir charnel, de la procréation et de la séduction. Née de l'écume de mer fécondée par le sexe d'Ouranos castré, ou bien fille de Zeus et de Dioné selon Homère, elle préside les unions amoureuses, légitimes ou adultères, et inspire poètes, artistes et amants. Son équivalent romain est Vénus, et ses sanctuaires de Paphos à Chypre, Cythère et Corinthe étaient célèbres dans toute l'Antiquité.

Mythe et origine

La Théogonie d'Hésiode (vers 700 av. J.-C., vers 188-206) raconte sa naissance dramatique : Cronos, à la demande de sa mère Gaïa, trancha les parties génitales de son père Ouranos d'une serpe de silex et les jeta à la mer. Du sperme et du sang divins mêlés à l'écume (aphros en grec, d'où son nom) naquit Aphrodite, transportée d'abord à Cythère puis à Chypre, où elle aborda sur un coquillage marin tandis que les Heures la vêtaient et la couronnaient. Cette naissance cosmogonique précède Zeus et fait d'Aphrodite une force primordiale, presque cosmique. L'Iliade (V, 370) donne une généalogie plus jeune et apprivoisée, faisant d'elle la fille de Zeus et de la Titanide Dioné.

L'Hymne homérique à Aphrodite (vers 650 av. J.-C.) célèbre sa puissance irrésistible sur dieux et mortels, à l'exception d'Athéna, Artémis et Hestia. Son culte chypriote, à Paphos, est attesté archéologiquement dès le XIIe siècle av. J.-C., héritier direct de la déesse phénicienne Astarté et au-delà de la Mésopotamienne Ishtar, déesse de l'amour et de la guerre. Pausanias (I, 14.7) mentionne aussi une Aphrodite Ourania « céleste », distincte de la Pandémos « populaire », distinction reprise par Platon dans le Banquet (180d-181e) pour opposer amour spirituel et amour charnel.

Attributs et histoires

Vous reconnaissez Aphrodite à sa ceinture magique (kestos himas) qui rend irrésistible quiconque la porte, à la pomme d'or, au miroir, à la coquille marine et à la rose. Ses animaux sacrés sont la colombe, le moineau, le cygne et le dauphin ; sa plante est le myrte. La Vénus de Milo (vers 130-100 av. J.-C., Louvre) et la Naissance de Vénus de Botticelli (vers 1485, Offices) sont devenues icônes universelles de la beauté féminine. Ses épiclèses Ourania « céleste », Pandémos « commune à tout le peuple », Anadyomène « qui sort des flots », Pontia « marine » et Areia « guerrière » à Sparte révèlent ses multiples visages.

Mariée de force à Héphaïstos, le forgeron boiteux, elle aima Arès, dieu de la guerre — couple capturé par le filet d'or que le mari trompé tendit sur leur lit (Odyssée VIII, 266-366). De cette liaison naquirent Éros, Antéros, Phobos, Deimos, Harmonie, et selon certains Priape. Elle aima aussi le mortel Anchise, à qui elle révéla son identité après lui avoir donné Énée, futur ancêtre des Romains (Hymne homérique). Son désir pour Adonis, jeune chasseur tué par un sanglier, fonda le rite annuel des Adonies. Le Jugement de Pâris lui valut la pomme d'or pour avoir promis Hélène, déclenchant la guerre de Troie. Mère d'Éros et tante par alliance d'Hyménée, elle préside tous les liens érotiques.

Réception moderne

Carl Gustav Jung considérait Aphrodite comme l'archétype par excellence de l'anima, l'âme féminine intérieure de l'homme et la dimension érotique de la psyché. Jean Shinoda Bolen, dans Les Déesses en chaque femme (1984), la décrit comme la femme alchimiste qui transforme par l'amour et l'art, dont l'ombre est la dispersion sentimentale et la confusion entre désir et identité. Marion Woodman et Ginette Paris (Pagan Meditations, 1986) ont réhabilité son énergie comme force civilisatrice. Dans la culture populaire, elle inspire des oeuvres de Botticelli à Lana Del Rey, et anime les figures de l'amante archetypale, de Marilyn Monroe à Beyoncé.

Sur le plan astrologique, Aphrodite correspond à Vénus, planète de l'amour, de la beauté et des valeurs, qui gouverne le Taureau et la Balance. L'astéroïde 1388 Aphrodite, découvert en 1935, est utilisé en astrologie psychologique pour préciser le style de séduction. Les courants néopaïens lui consacrent les fêtes d'Aphrodisies en avril, et les pratiques modernes de Vénus retrograde reprennent les anciens rites de bain rituel. Découvrez si Aphrodite gouverne votre cour intérieure grâce au test des divinités mythologiques.

Profondeur symbolique

Dans le tarot, Aphrodite résonne d'abord avec Les Amoureux, sixième arcane majeur, dont la scène met en jeu le choix érotique fondateur. L'Impératrice, gouvernée par Vénus dans les correspondances de la Golden Dawn, partage sa fécondité créatrice et son lien à la beauté incarnée. La carte de l'Étoile évoque sa naissance marine et sa nudité radieuse. Sur l'Arbre de Vie, on la place en Netzach, septième Sephirah, sphère vénusienne des émotions, du désir et des arts.

Symboliquement vous rencontrez Aphrodite chaque fois qu'une situation appelle séduction, esthétique, ouverture du coeur ou réconciliation entre corps et âme. Son ombre est la vanité qui s'effondre devant un miroir terni, la jalousie qui se déchire pour une pomme. Travailler avec cet archétype invite à demander où votre désir vous fait grandir et où il vous éparpille. Poursuivez avec Héra, sa rivale conjugale, Perséphone, son alter ego chthonien, et Dionysos, son frère extatique, ou revenez au glossaire principal.

Également connu sous le nom de

  • Vénus
  • Cythérée
  • Anadyomène
  • Astarté
  • Turan

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