Apollon
Apollon (grec Ἀπόλλων) est le dieu olympien de la lumière solaire, de la musique, de la poésie, de la prophétie, de la guérison et de la jeunesse virile. Fils de Zeus et de Léto, frère jumeau d'Artémis, il préside l'oracle de Delphes où la Pythie transmettait ses sentences. Patron des Muses, conducteur du choeur, archer infaillible, il incarne l'idéal apollinien d'harmonie mesurée que Nietzsche opposa au dionysiaque. Les Romains conservèrent son nom grec sans le traduire.
Mythe et origine
L'Hymne homérique à Apollon (vers 700 av. J.-C.) raconte que Léto, enceinte de Zeus, fut poursuivie par Héra jalouse à travers la Grèce. Aucune terre ne voulait l'accueillir, jusqu'à ce que la petite île flottante de Délos, en échange du futur sanctuaire, lui offrît refuge. Léto enfanta d'abord Artémis sans douleur, qui aida ensuite sa mère à mettre au monde Apollon après neuf jours et neuf nuits de travail. Quatre jours après sa naissance, Apollon partit pour le Parnasse, tua de ses flèches le serpent Python qui gardait l'oracle de Gaïa à Delphes, et fonda son culte prophétique en s'arrogeant le sanctuaire pythique.
Hésiode (Théogonie, vers 918-920) et Apollodore (Bibliothèque 1.4) confirment la généalogie léthoïde. Les Hyperboréens, peuple mythique du Grand Nord, l'auraient accueilli chaque hiver dans son char tiré par des cygnes. Son nom est probablement préhellénique, peut-être lié au hittite Apaliuna mentionné dans le traité d'Alaksandu (XIIIe siècle av. J.-C.), ou à une racine indiquant l'assemblée. Son culte mêla des éléments mycéniens, anatoliens et nordiques, faisant de lui le plus complexe des Olympiens, à la fois pasteur des troupeaux à Phères et archer purificateur à Delphes.
Attributs et histoires
Vous reconnaissez Apollon à sa lyre à sept cordes, son arc d'argent, sa couronne de laurier, son trépied delphique et ses animaux sacrés : le cygne, le dauphin (qui donna son nom au temple delphien Apollon Delphinios), le corbeau messager et le loup. Ses épiclèses dévoilent ses fonctions : Phoibos « le brillant », Musagète « conducteur des Muses », Loxias « l'oblique » qui parle par énigmes, Iatros « le médecin », Paian « le guérisseur ». L'oracle de Delphes, actif du VIIIe siècle av. J.-C. jusqu'à sa fermeture par Théodose en 393, prononçait à travers la Pythie inspirée par les vapeurs sacrées des sentences qui orientaient la politique grecque.
Ses amours, souvent tragiques, illustrent le revers de la lumière. Il poursuit Daphné qui se transforme en laurier (Ovide, Métamorphoses I), aime Hyacinthe tué par un disque, perd Cassandre à qui il avait donné le don de prophétie sans la croyance. Père d'Asclépios, dieu de la médecine, qu'il eut de la mortelle Coronis, il transmit son art guérisseur à l'humanité. Marsyas, satyre qui le défia à la flûte, fut écorché vif pour son hubris ; Niobé vit ses enfants massacrés par les flèches jumelles d'Apollon et d'Artémis pour avoir insulté Léto. Ces récits révèlent un dieu de la mesure qui punit sans pitié la démesure mortelle.
Réception moderne
Friedrich Nietzsche, dans La Naissance de la tragédie (1872), fit d'Apollon le pôle de l'individuation, du rêve, de la belle apparence, opposé au dionysiaque de l'ivresse collective. Carl Jung voyait en lui l'archétype solaire de la conscience claire, du logos distinctif. Jean Shinoda Bolen, dans Les Dieux en chaque homme (1989), le décrit comme l'homme rationnel, ambitieux, soucieux de son image, dont l'ombre est la difficulté avec les émotions et l'intimité. Le programme Apollo de la NASA (1961-1972), qui posa l'homme sur la Lune, emprunta son nom à dessein, prolongeant la métaphore solaire dans l'imaginaire scientifique contemporain.
Sur le plan astrologique, Apollon correspond au Soleil, planète de l'identité et de la vitalité, qui gouverne le Lion. L'astéroïde 1862 Apollo, découvert en 1932, donna son nom à toute une classe d'astéroïdes géocroiseurs. Dans le néopaganisme hellénique, ses fêtes — Thargélies en mai, Pythies à Delphes — sont reconstituées. Les courants ésotériques l'associent à la Sephirah Tiphereth, centre solaire de l'Arbre de Vie. Découvrez si Apollon gouverne votre cour intérieure grâce au test des divinités mythologiques.
Profondeur symbolique
Dans le tarot, Apollon résonne avec Le Soleil, dix-neuvième arcane majeur, par sa clarté triomphante et son rayonnement vital. Le Bateleur partage son talent musical et oratoire, et L'Hiérophante évoque sa fonction oraculaire de médiation entre dieux et hommes. La carte de la Tempérance évoque sa mesure harmonisante. Sur l'Arbre de Vie, Tiphereth, sphère du Soleil et du Christ-Sauveur, est sa demeure kabbalistique, équilibrant les rigueurs et les miséricordes des piliers latéraux.
Symboliquement vous rencontrez Apollon chaque fois qu'une situation appelle clarté, art, prophétie ou guérison mesurée. Son ombre est la lumière qui aveugle, la beauté qui méprise l'imperfection, le perfectionnisme qui écorche Marsyas. Travailler avec cet archétype invite à demander où votre lyre chante juste et où elle exige des autres une virtuosité impossible. Poursuivez avec Artémis, sa jumelle, Dionysos, son antagoniste créatif, et Hermès, ou revenez au glossaire principal.
Également connu sous le nom de
- Phoibos
- Phébus
- Musagète
- Loxias
- Apollo