Mythologie

Osiris

Osiris (égyptien Wsir, copte Ousire) est le dieu égyptien des morts, de la résurrection, de la végétation cyclique et du jugement des âmes. Premier-né de Geb et de Nout, frère et époux d'Isis, frère de Seth et de Nephtys, père d'Horus, il fut assassiné par Seth, ressuscité par Isis, puis établi comme seigneur de la Douat (l'Au-delà). Son mythe fondateur explique à la fois la crue annuelle du Nil, la germination des grains, et l'espérance d'immortalité de tout défunt égyptien.

Mythe et origine

Les Textes des Pyramides (vers 2400-2300 av. J.-C., règnes d'Ounas, Téti, Pépi) constituent le plus ancien corpus religieux mentionnant Osiris : le pharaon défunt y devient Osiris, garantissant sa survie. Au Moyen Empire, les Textes des Sarcophages (vers 2100 av. J.-C.) démocratisent cette transformation à tous les défunts capables de payer les rituels. Au Nouvel Empire, le Livre des Morts (à partir de 1550 av. J.-C.), particulièrement son chapitre 125 dit « pesée du coeur », place Osiris sur le trône du jugement entouré des 42 juges. Plutarque (Sur Isis et Osiris, vers 100 apr. J.-C.) synthétise pour le public gréco-romain l'ensemble mythologique sous forme narrative.

Le mythe central : Osiris, roi civilisateur ayant enseigné l'agriculture, la vinification et les lois, est piégé par son frère Seth dans un coffre sur mesure jeté au Nil. Isis le retrouve à Byblos. Seth l'intercepte, redécoupe le corps en quatorze morceaux et les disperse dans toute l'Égypte. Isis et Nephtys récoltent les fragments — sauf le phallus avalé par un poisson — reconstituent le corps avec Anubis, premier embaumeur, et Isis conçoit Horus en planant sur la momie. Osiris ne revient pas pleinement à la vie : il devient roi des morts, tandis qu'Horus venge son père et hérite du trône terrestre après une rivalité de quatre-vingts ans avec Seth. Le grand sanctuaire d'Osiris est Abydos, où chaque pharaon faisait pieusement pèlerinage, et où les Mystères d'Osiris du mois de Khoiak rejouaient annuellement sa passion.

Attributs et histoires

Vous reconnaissez Osiris à sa peau verte (couleur de la végétation renaissante) ou noire (couleur du limon nilotique fertile), à ses bandelettes momiformes serrées sur le corps, à sa couronne atef ornée de deux plumes d'autruche et de cornes de bélier, et aux insignes royaux qu'il tient croisés sur la poitrine : le héka (crosse) et le nekhakha (fléau). Ses arbres sont le tamaris (qui l'enferma à Byblos) et l'acacia ; sa plante le lotus blanc ; son grain l'épeautre dont les « lits d'Osiris » en terre, plantés d'orge lors des fêtes de Khoiak, germaient pour symboliser sa résurrection. Le tombeau d'Osiris (Osireion) à Abydos, construit sous Séthi Ier (vers 1290 av. J.-C.), s'enfonce sous le temple en évoquant la butte primordiale émergeant des eaux.

Lors de la pesée du coeur, le défunt est conduit par Anubis devant le tribunal des 42 juges, et son coeur est pesé sur la balance face à la plume de Maât, déesse de la vérité. Si la balance est équilibrée, le défunt est déclaré « juste de voix » (maa-kherou) et passe l'éternité dans les Champs d'Ialou auprès d'Osiris. S'il est plus lourd, la dévoreuse Ammit le réduit à néant. Le défunt récite la « confession négative » — quarante-deux assertions d'innocence — devant les juges. Osiris incarne ainsi la justice divine ultime, mais aussi le grain qui meurt pour renaître. Les épithètes « Onnophris » (Wennefer, « celui qui est beau, l'éternellement bon »), « Khentamenti » (« premier des Occidentaux », c'est-à-dire des morts) et « Neb-Djedou » (« seigneur de Djedou ») condensent ses fonctions.

Réception moderne

Carl Gustav Jung, dans Mysterium Coniunctionis (1955-1956), interpréta Osiris démembré et reconstitué comme image archétypale du processus d'individuation : le moi fragmenté par les épreuves se reconstitue en Soi intégré. James George Frazer, dans Le Rameau d'or (1890-1915), rangea Osiris parmi les « dieux qui meurent et ressuscitent » avec Adonis, Attis, Tammouz et Dionysos. Les premiers Pères de l'Église, notamment Lactance et Augustin, virent dans Osiris une préfiguration ou une contrefaçon démoniaque du Christ ressuscité ; les égyptologues contemporains comme Jan Assmann (Mort et au-delà dans l'Égypte ancienne, 2001) ont rétabli la spécificité du mythe osirien. La franc-maçonnerie égyptienne du XVIIIe siècle plaça Osiris au coeur de son symbolisme initiatique.

Sur le plan astrologique, Osiris correspond à Pluton par sa fonction de seigneur des morts, à Saturne par sa souveraineté sur le temps, et au Scorpion par la transformation mortifère et résurrectionnelle. L'astéroïde 1923 Osiris, découvert en 1960, est lu comme indicateur de cycles de mort et de renaissance dans un thème natal. La constellation d'Orion lui était associée par les Égyptiens : le pharaon défunt devenait Osiris-Orion. Le mouvement Kemetic Orthodoxy (1988) restaure son culte aux États-Unis. Découvrez si Osiris gouverne votre cour intérieure grâce au test des divinités mythologiques.

Profondeur symbolique

Dans le tarot, Osiris résonne avec La Mort, treizième arcane majeur, par sa fonction de transformation ultime et de promesse de renaissance après le passage. Le Pendu, douzième arcane, partage sa posture sacrificielle. La Justice reflète sa balance du coeur. Le Jugement, vingtième arcane, fait écho à sa fonction de juge des morts. Sur l'Arbre de Vie, on l'associe à Tiphereth, sphère solaire du Sauveur sacrifié, ou à Geburah, justice sévère.

Symboliquement vous rencontrez Osiris chaque fois qu'une situation appelle traversée d'une mort symbolique, recomposition d'une identité dispersée, ou jugement sincère de votre propre coeur sur la balance de Maât. Son ombre est la passivité du gisant qui attend toujours qu'on le reconstitue, la victimisation qui se complaît au tombeau. Travailler avec cet archétype invite à demander quel grain de vous-même accepte de mourir pour porter du fruit. Poursuivez avec Isis, son épouse, Horus, son fils, et Anubis, son embaumeur, ou revenez au glossaire principal.

Également connu sous le nom de

  • Wsir
  • Wennefer
  • Onnophris
  • Khentamenti
  • Serapis

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