Réincarnation
La Réincarnation (du latin re-, « à nouveau », et incarnatio, « fait de prendre chair ») désigne la croyance selon laquelle l'âme survit à la mort du corps et prend successivement de nouveaux corps au cours de vies successives. Présente dans les religions indiennes (hindouisme, bouddhisme, jaïnisme, sikhisme), chez les anciens Égyptiens, les druides, les pythagoriciens, les platoniciens, les gnostiques, les cathares et les kabbalistes (sous le nom de gilgul), elle a été réintroduite en Occident moderne par la Théosophie en 1875, puis largement diffusée par les courants New Age. Liée à la loi du karma, la réincarnation explique l'inégalité des conditions humaines et propose un cadre d'évolution spirituelle s'étendant sur de multiples existences.
Origine
La doctrine apparaît dans les Upanishads anciennes (700-500 av. J.-C.). La Chândogya (V, 10) décrit le double chemin post-mortem : « voie des dieux » menant à la libération, ou « voie des ancêtres » ramenant à la naissance. La Brihadâranyaka (IV, 4, 5) énonce le principe : « Tel acte, tel devenir : qui fait le bien devient bon, qui fait le mal devient mauvais. » Le Bouddha (VIᵉ-Vᵉ siècle av. J.-C.) reprend la doctrine en la nuançant : ce qui se réincarne n'est pas un soi substantiel mais un courant de conscience conditionné. Les Jātakas bouddhiques racontent les vies antérieures du Bouddha sous formes animales, humaines et divines.
Dans l'Antiquité méditerranéenne, Pythagore (VIᵉ siècle av. J.-C.), qui aurait reçu l'enseignement en Égypte ou en Inde, professait la métempsycose (transmigration de l'âme). Empédocle prétendait se souvenir avoir été « garçon, fille, plante, oiseau et poisson muet dans la mer ». Platon expose la doctrine dans le mythe d'Er (République, X), le Phédon et le Phèdre. Les néoplatoniciens (Plotin, Proclus) la systématisent. Le christianisme officiel la rejette progressivement à partir du concile de Constantinople (553). Elle survit chez les gnostiques, les manichéens, les cathares puis dans la kabbale juive (notamment chez Isaac Louria, XVIᵉ siècle, qui développe la doctrine du gilgul ha-neshamot). Helena Blavatsky la réintroduit massivement en Occident en 1875 avec la Société théosophique.
Sens classique et lecture occidentale
Dans l'hindouisme classique, la réincarnation peut se faire dans n'importe lequel des huit millions quatre cent mille types d'existences (yoni), végétaux, animaux ou êtres célestes inclus. Les actes accomplis (karma) déterminent la forme prise, la durée de vie et les circonstances. Le but n'est pas la perpétuation des incarnations mais la libération (moksha) qui rompt le cycle. Le bouddhisme distingue six royaumes de renaissance (dieux, demi-dieux, humains, animaux, esprits affamés, êtres infernaux), tous marqués par l'impermanence et la souffrance.
La version théosophique et New Age, plus optimiste, conçoit la réincarnation comme une école de l'âme où chaque vie apporte des leçons spécifiques choisies entre les incarnations. Les notions de contrats d'âme, de familles karmiques, de flammes jumelles et de missions d'incarnation structurent cette lecture. Les travaux de Ian Stevenson (Université de Virginie, années 1960-2000) ont rassemblé plus de 2500 cas d'enfants déclarant se souvenir d'une vie antérieure, avec parfois des vérifications troublantes (marques de naissance correspondant à des blessures fatales documentées). Sans valider ou invalider scientifiquement la doctrine, ces recherches lui confèrent un sérieux empirique nouveau.
En pratique
Travailler avec l'hypothèse de la réincarnation peut éclairer la vie présente. Notez les attractions et répulsions inexplicables de votre biographie : passion pour une époque historique, peur disproportionnée d'un lieu ou d'une situation, attirance immédiate ou aversion intense face à certaines personnes, dons précoces sans apprentissage. Ces signes peuvent être lus comme des mémoires d'âme. La pratique de la régression dans les vies antérieures (méthode de Brian Weiss, Michael Newton) propose, sous hypnose ou en état de conscience modifié, d'accéder à ces mémoires. Approchez ces récits non comme des vérités factuelles mais comme des mythes personnels dotés d'une efficacité thérapeutique.
En astrologie karmique, étudiez vos nœuds lunaires : le nœud sud indique les acquis et conditionnements des vies passées, le nœud nord la direction d'évolution de la vie présente. Saturne marque les leçons karmiques majeures, la douzième maison les acquis du passé et les vies antérieures. En tarot, l'arcane X la Roue figure le cycle des incarnations, l'arcane XII le Pendu la suspension qui permet de revoir, et l'arcane XIII Sans Nom les passages de seuil. Travaillez aussi le chakra racine pour ancrer la mémoire et le chakra couronne pour accéder aux Annales Akashiques.
Profondeur symbolique
La réincarnation, par-delà sa lecture littérale, fonctionne comme une métaphore puissante de la transformation intérieure. Chaque crise existentielle est une « petite mort » suivie d'une « renaissance » à un autre état de conscience. Saint Paul l'exprime à sa manière : « Mourir au vieil homme pour naître à l'homme nouveau » (Éphésiens 4, 22-24). Les rites initiatiques de toutes les traditions reproduisent symboliquement une mort et une renaissance. La réincarnation est ainsi, dans sa profondeur, la loi de la transformation appliquée à l'âme : rien ne se perd, tout se métamorphose, et la conscience traverse les formes en s'éveillant progressivement à elle-même.
En correspondance ésotérique, la réincarnation s'associe au chemin du serpent qui parcourt l'Arbre de Vie de Malkuth (le monde matériel) à Kether (la Couronne), à travers les dix sefiroth et les vingt-deux sentiers correspondant aux arcanes majeurs. Chaque incarnation parcourt une portion du chemin. En astrologie, la rotation lente des nœuds lunaires (18,6 ans pour un cycle complet) marque les grands tournants karmiques. Approfondissez avec Karma, Samsara, Akasha, Moksha et le portail Glossaire.
Également connu sous le nom de
- Métempsycose
- Transmigration
- Palingénésie
- Gilgul
- Renaissance d'âme