Mythologie

Hathor

Hathor (égyptien Ḥwt-Ḥr, « Maison d'Horus », grec Ἁθώρ) est la grande déesse égyptienne à tête de vache ou couronnée de cornes encadrant le disque solaire, déesse de l'amour, de la musique, de la danse, de la maternité, de la joie, de la beauté féminine et des mines de turquoise. Fille de Rê, épouse d'Horus dans la tradition d'Edfou-Dendérah, elle accueille les défunts à l'orée de la nécropole et nourrit les nouveau-nés. Apaisée, elle est l'autre face de Sekhmet ; en colère, elle redevient l'oeil dévastateur de Rê.

Mythe et origine

Le culte d'Hathor est l'un des plus anciens d'Égypte, attesté dès les Textes des Pyramides (vers 2400 av. J.-C.) et probablement antérieur, héritier d'une déesse-vache prédynastique célébrée sur la palette de Narmer (vers 3100 av. J.-C.) sous forme de tête bovine cornue. Son nom Ḥwt-Ḥr signifie littéralement « Maison d'Horus » : elle est la matrice céleste qui contient le faucon solaire, à la fois mère et épouse du dieu royal. La cosmogonie héliopolitaine la rattache à Rê comme fille (oeil solaire) et selon Edfou comme épouse d'Horus de Behdet, leur fils étant Ihy, dieu enfant musicien aux sistres. Le mythe de la Vache céleste (texte royal du Nouvel Empire) la confond avec Sekhmet apaisée, puis la fait porter Rê sur son dos comme ciel étoilé.

Son grand sanctuaire de Dendérah (ancienne Iounet) en Haute-Égypte, reconstruit par les Ptolémées de 54 av. J.-C. à l'époque romaine, est l'un des temples les mieux conservés d'Égypte ; il abrite le célèbre zodiaque circulaire de Dendérah (vers 50 av. J.-C., aujourd'hui au Louvre), première représentation des constellations zodiacales gréco-babyloniennes en Égypte. Le temple servait à la « Fête du beau Rendez-vous » : chaque été, la statue d'Hathor remontait le Nil par bateau jusqu'à Edfou pour s'unir à son époux Horus quatorze jours durant. Hors d'Égypte, ses sanctuaires des mines de turquoise du Sinaï (Serabit el-Khadim) et du Sud (mines d'or de Nubie) attestent sa fonction de protectrice des expéditions minières et de patronne des artisans.

Attributs et histoires

Vous reconnaissez Hathor sous trois formes principales : vache entière au pelage taché d'étoiles ; femme à tête de vache ; et femme à oreilles bovines couronnée de cornes encadrant le disque solaire. Elle porte le collier menat, lourd contrepoids rituel agité lors des danses sacrées pour produire un bruit caressant, et le sistre (seshéshet), instrument à tige et cadre tintinnabulant qui éloigne les forces hostiles et appelle la joie divine. Sa coiffure caractéristique en perruque tripartite encadre un visage frontalement présenté — rarissime dans l'art égyptien — sur les chapiteaux dits « hathoriques » qui ornent les colonnes de Dendérah et d'autres temples. Ses arbres sont le sycomore et le palmier-dattier ; ses animaux la vache et le serpent uraeus ; ses pierres la turquoise et la malachite.

Hathor exerce sept fonctions principales souvent personnifiées en « Sept Hathors » qui président la naissance des enfants et prédisent leur destin (cf. Le Conte des deux frères, papyrus d'Orbiney, XIIIe siècle av. J.-C.). Comme déesse-mère, elle allaite les pharaons et les nourrit du lait sacré de la vache cosmique. Comme dame des étrangers, elle protège les caravanes vers le Sinaï et la Nubie ; à Byblos elle s'identifie à Baalat Gebal. Comme déesse funéraire de la nécropole thébaine, elle accueille les défunts à l'orée de la Vallée des Reines, où une chapelle lui est consacrée. Comme « dame de l'ivresse », elle préside les fêtes joyeuses où la bière coule à flots — souvenir du mythe d'apaisement de Sekhmet. Comme « dame de la turquoise », elle protège les mineurs et les amants.

Réception moderne

Carl Gustav Jung et Erich Neumann (La Grande Mère, 1955) placèrent Hathor parmi les figures archétypales de la Grande Mère bienveillante, contrepartie nourricière de Sekhmet terrible. Marie-Louise von Franz interpréta sa fonction des Sept Hathors comme image de la prédestination consciente. Jean Shinoda Bolen, dans Les Déesses en chaque femme (1984), pourrait la rapprocher d'Aphrodite par sa beauté joyeuse. Le mouvement Goddess Spirituality contemporain (Carol P. Christ, Riane Eisler) la cite parmi les figures restauratrices du féminin sacré. La danseuse Isadora Duncan et la musicienne Lisa Gerrard (Dead Can Dance) ont consciemment puisé dans son imagerie sistrique. Le Kemetic Orthodoxy (1988) lui rend culte. Dans les arts visuels, sa colonne hathorique frontale est devenue emblème de l'égyptomanie Art déco.

Sur le plan astrologique, Hathor correspond à Vénus par sa fonction amoureuse et esthétique, à la Lune par sa fonction nourricière, et au Taureau par son symbolisme bovin et sa relation à la beauté sensuelle. L'astéroïde 2340 Hathor, découvert en 1976, est lu en astrologie comme indicateur de joie créative et de fertilité artistique. Le zodiaque de Dendérah est le plus ancien zodiaque circulaire conservé. Son sistre, aujourd'hui repris dans la liturgie copte orthodoxe et dans certaines pratiques de musicothérapie sonore, prolonge sa fonction de purificateur sonore. Découvrez si Hathor gouverne votre cour intérieure grâce au test des divinités mythologiques.

Profondeur symbolique

Dans le tarot, Hathor résonne premièrement avec L'Impératrice, troisième arcane majeur attribué à Vénus, par sa maternité, sa fertilité et sa beauté généreuse. La carte des Amoureux évoque sa fonction de patronne des unions. L'Étoile, dix-septième arcane, partage sa douceur étoilée et son geste de versement. La Tempérance rappelle son apaisement des excès. Sur l'Arbre de Vie, Netzach, septième Sephirah vénusienne, est sa demeure ; Tiphereth solaire et Yesod lunaire prolongent ses fonctions.

Symboliquement vous rencontrez Hathor chaque fois qu'une situation appelle joie cultivée, beauté offerte sans calcul, musique qui guérit, ou maternité accueillante envers ce qui naît. Son ombre est la séduction sans profondeur, l'ivresse qui se prend pour bonheur, le refus de descendre dans les eaux sombres. Travailler avec cet archétype invite à demander quel sistre intérieur vous tenez en main pour rappeler la joie aux portes du tombeau. Poursuivez avec Sekhmet, son autre visage, Isis, sa cousine maternelle, et Horus, son époux à Dendérah, ou revenez au glossaire principal.

Également connu sous le nom de

  • Hethert
  • Maison d'Horus
  • Mehet-Weret
  • Vénus égyptienne
  • Dame de Dendérah

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