Mythologie

Horus

Horus (égyptien Ḥr, copte Hôr, grec Ὧρος) est le dieu égyptien à tête de faucon, dieu du ciel, du soleil levant, de la royauté et de la victoire sur le chaos. Fils d'Isis et d'Osiris, vengeur de son père et incarnation vivante du pharaon régnant, il livre un combat de quatre-vingts ans contre son oncle Seth pour reconquérir le trône d'Égypte. Son Oeil d'Horus (oudjat), arraché et restauré dans ce conflit, devint l'amulette de protection la plus puissante du monde antique.

Mythe et origine

Les Textes des Pyramides (vers 2400-2300 av. J.-C.) attestent Horus dès l'Ancien Empire comme dieu du ciel et patron des pharaons, qui prennent depuis la Ire dynastie (vers 3000 av. J.-C.) un « nom d'Horus » inscrit dans le serekh (façade de palais surmontée du faucon). Il existait à l'origine plusieurs Horus distincts ensuite fusionnés : Horus l'Ancien (Heroueris), frère d'Osiris et de Seth, dieu du ciel diurne dont l'oeil droit est le soleil et l'oeil gauche la lune ; et Horus l'Enfant (Harpocrate, Hor-pa-khered), fils d'Isis et d'Osiris, conçu posthumément. C'est ce second Horus qui mène la vengeance d'Osiris contre Seth dans le mythe central, raconté en détail dans le papyrus Chester Beatty I (XIIe siècle av. J.-C.).

La Querelle d'Horus et de Seth, racontée en quatre-vingts années de procès devant le tribunal divin présidé par Rê, voit Horus revendiquer l'héritage royal de son père. Seth oppose la force, Horus la légitimité. Lors de leurs combats successifs, Seth arrache l'oeil gauche d'Horus (lunaire) et Horus émascule Seth ; Thot répare l'oeil et le restitue, devenant l'oudjat protecteur. Plutarque (Sur Isis et Osiris, vers 100 apr. J.-C.) résume le mythe pour les Grecs. Apollodore et Hérodote (Histoires II) attestent l'extension de son culte à l'époque hellénistique. Son grand sanctuaire d'Edfou (Behdet), entièrement préservé, fut construit de 237 à 57 av. J.-C. sous les Ptolémées, et ses inscriptions retracent annuellement la « Fête de la Victoire » sur Seth.

Attributs et histoires

Vous reconnaissez Horus à sa tête de faucon (Falco peregrinus ou Falco biarmicus) au plumage moucheté, à la double couronne pschent (couronne blanche de Haute-Égypte + couronne rouge de Basse-Égypte) qui le désigne comme roi des Deux Terres, à son sceptre ouas et à sa croix ankh. Horus l'Enfant (Harpocrate) est représenté nu, doigt à la bouche (geste de l'enfance mal interprété par les Grecs comme signe du silence et du secret), portant la mèche de l'enfance. Sur les stèles d'Horus dites cippes, il debout sur un crocodile, tenant serpents, lions et scorpions — talismans contre les morsures venimeuses, abondants au Nouvel Empire et à l'époque tardive.

L'Oeil d'Horus ou oudjat ( « celui qui est sain ») fut l'amulette la plus copiée de l'Égypte. Ses six fractions hiéroglyphiques étaient utilisées comme système numérique pour les unités de mesure des grains (heqat) : 1/2, 1/4, 1/8, 1/16, 1/32, 1/64, dont la somme fait 63/64 — Thot ajoutait par magie le 1/64 manquant. Horus protège le pharaon vivant, comme Isis le défunt. Les noms royaux de Khâemouaset, Ramsès, Sethnakht, Hatchepsout commencent tous par un nom d'Horus. Les quatre fils d'Horus — Amset (foie), Hâpi (poumons), Douamoutef (estomac), Qebehsenouf (intestins) — gardent les vases canopes contenant les viscères du défunt. Horus est ainsi à la fois enfant divin, héritier vengeur, roi cosmique et protecteur des morts.

Réception moderne

Carl Gustav Jung voyait en Horus l'archétype du fils héroïque qui venge le père, parallèle à Persée vengeant Acrisios et au Christ accomplissant les promesses du Père. Erich Neumann en fit l'image de la conscience victorieuse sur les forces régressives du chaos. Aleister Crowley, dans Le Livre de la Loi (1904), proclama l'avènement de l'aiôn d'Horus succédant à celui d'Osiris, ouvrant l'ère du « fils couronné conquérant », interprétation reprise par le mouvement thélémique. Helena Blavatsky et la théosophie firent du couple Horus-Isis un mystère central. L'égyptologie populaire (Christian Jacq, Le Roman de Ramsès) le mit en scène. L'iconographie du faucon orne aujourd'hui les sceaux d'agences spatiales et les emblèmes nationaux égyptien et qatari.

Sur le plan astrologique, Horus correspond au Soleil par son oeil droit, à la Lune par son oeil gauche, à Mars par sa fonction guerrière de vengeur, et au Lion par sa royauté. L'astéroïde 1924 Horus, découvert en 1960, intervient en astrologie psychologique comme indicateur de combat juste pour un héritage. L'oudjat est aujourd'hui un bijou populaire et un symbole protecteur. La constellation d'Orion était parfois identifiée à Horus l'Ancien dans certaines traditions. Découvrez si Horus gouverne votre cour intérieure grâce au test des divinités mythologiques.

Profondeur symbolique

Dans le tarot, Horus résonne avec Le Soleil, dix-neuvième arcane majeur, par l'enfant divin radieux qui chevauche un cheval blanc — image qui rappelle Harpocrate. L'Empereur, quatrième arcane, partage avec lui l'autorité royale conquise. Le Chariot, septième arcane, évoque sa victoire guerrière. Le Jugement, dans le système de Crowley, est rebaptisé « L'Aiôn » et figure directement Horus. Sur l'Arbre de Vie, Tiphereth, sphère solaire, est sa demeure principale, parfois doublée par Geburah pour son aspect guerrier.

Symboliquement vous rencontrez Horus chaque fois qu'une situation appelle revendication d'un héritage légitime, vision aiguë comme celle du faucon, ou victoire patiente sur un usurpateur. Son ombre est l'enfant éternel qui n'achève jamais la maturité, le combat infini qui se confond avec l'identité. Travailler avec cet archétype invite à demander quel oeil arraché vous attendez de récupérer pour voir entièrement votre vie. Poursuivez avec Osiris, son père, Isis, sa mère, et , son ancêtre solaire, ou revenez au glossaire principal.

Également connu sous le nom de

  • Hor
  • Harpocrate
  • Heroueris
  • Rê-Horakhty
  • Behdety

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